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lutte de la classe ouvrière pour la démocratie politique

lutte de la classe ouvrière pour la démocratie politique

Une contre-histoire de la démocratie. Comment la classe ouvrière invente la démocratie moderne  

Vol I ( A Paraître)

Dans l’ “Idéologie Allemande”, Karl Marx écrit ceci ”  Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. Les individus qui constituent la classe dominante possèdent, entre autres choses, également une conscience, et en conséquence ils pensent; pour autant qu’ils dominent en tant que classe et déterminent une époque historique dans toute son ampleur, il va de soi que ces individus dominent dans tous les sens et qu’ils ont une position dominante, entre autres, comme êtres pensants aussi, comme producteurs d’idées, qu’ils règlent la production et la distribution des pensées de leur époque; leurs idées sont donc les idées dominantes de leur époque.

Le contenu de ce livre se résume en deux éléments : d’abord la gravure et ensuite l’interprétation qu’elle suggère.. Dès prime abord, ni la lecture de l’image ni son interprétation ne se prêtent à confusion : le votant, un ouvrier identifié par son vêtement, tient dans une main un bulletin de vote et dans l’autre un fusil. Alain Garrigou, historien du suffrage universel en France avance trois sortes d’interprétation pour el moins curieuses venant d’un « expert » : l’ouvrier substitue le bulletin de vote au fusil, il exprime son rejet de la violence politique et enfin la loi dit être repestée de tous et la violence doit être remplacée par le scrutin. Cette interprétation de la légende, venant d’un historien du suffrage, paraît déconcertante voire dans une certaine mesure tendancieuse. Et cela pour deux principales raisons : d’une part, elle attribue la source de la violence à l’ouvrier en présentant le système politique, comme étant pacifique, ne pratiquant aucune violence et s’il lui arrive d’y recourir, c’est tout simplement, selon la formule wébérienne consacrée, parce qu’il est le seul détenteur de la « violence légitime » et ; d’autre part, elle confond abusivement l’avènement de l’ordre bourgeois et du libéralisme issu de la révolution de 1789 et l’histoire de la démocratie politique et le suffrage universel. Sinon comment expliquer l’abolition du suffrage masculin quasi-universel imposée par la journée du 10 août 1792 sous la pression des sans culottes parisiens mais aboli par le coup d’état de Thermidor ? Comment expliquer l’abolition du suffrage universel masculin en mai 1850 par la bourgeoisie libérale du suffrage universel masculin, à peine deux après avoir été établi par la révolution de 1848, excluant du coup 3,5 millions de votants sur 9,5 millions ? Pour neutraliser le potentiel démocratique de nouveaux votants, la « vile multitude «  selon Adolphe Thiers, Louis-Napoléon réintroduit le suffrage universel masculin mais pour pouvoir le manipuler et le contrôler d’en haut dans le cadre d’un nouveau régime, le bonapartisme  calqué sur le modèle établi aux États Unis par la « démocratie Jacksonienne » Cette volonté de contrôler et de manipuler le suffrage n’est nullement spécifique à la France, des mesures similaires ont été mises en place ailleurs aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne et l’Italie après leur unification et partout ailleurs en Europe sans parler de la Russie tsariste là où il n’existait rien qui ressemblait de près ou de loin à un système de vote.

Contrairement à l’historiographie conventionnelle, le suffrage universel d’abord masculin et ensuite généralisé à toutes les populations n’est nullement un acquis de « l’âge de la révolution démocratique » selon l’historien américain R.R. Palmer ou de la « Révolution Atlantique » selon l’historien français Jacques Godechot. Le suffrage universel est exclusivement l’œuvre de la classe ouvrière qui l’arrache après plus d’un siècle de lutte commencée sous les deux révolutions américaine et française, contraignant la bourgeoise libérale à céder et à compromettre et à l’inscrire dans ses législations. Mais l’obtention forcée du suffrage universel n’est pas le seul acquis de la classe ouvrière en Europe et aux États Unis. Bien d’autres réalisations s’en suivront, résultant également d’une longue histoire de lutte comme la lutte pour la démocratie sociale, la lutte pour l’accès pour tous à l’éducation, et à la culture.

C’est cette contre-histoire tourmentée de la démocratie moderne forcée par un siècle de lutte allant de la fin du XVIII siècle à la fin XIX siècle que cette première partie du livre cherche à présenter au lecteur. En disant contre-histoire tourmentée de la démocratie moderne, mon but est de montrer, contrairement aux clichés et stéréotypes largement répandus par l’historiographie conventionnelle et par une intelligentsia servile, que la démocratie moderne, à travers ses différentes composantes, politique, sociale, éducative et culturelle, n’est pas l’œuvre de la bourgeoisie libérale qui s’est révélée foncièrement antidémocratique et qui a tout fait, comme je le montrerai dans la deuxième partie, pour l’étouffer ou du moins neutraliser et rendre inoffensif ses effets, mais celle de la classe ouvrière et de sa lutte séculaire. Malheureusement, dans ce combat de David contre Golaith, les armes de combat étaient inégales et c’est pourquoi la démocratie moderne meurt de sa mort naturelle en même temps que la classe ouvrière dissoute en une masse inerte, perdant son énergie et sa combativité d’antan et pavant ainsi la voie à l’avènement d’un nouveau régime politique que je qualifierai de dictature démocratique cautionnée et régénérée périodiquement grâce à une mascarade d’élections organisée à intervalles olympiques

Tables des matières

Introduction

Lutte pour la démocratie politique

Lutte pour l’accès à  l’éducation

Lutte pour l’accès à la culture

Lutte pour la démocratie sociale

Conclusion

Bibliographie

Index

Description du produit

Auteur : Faouzi Elmir

Éditeur : Siress Éditions

Date de publication :  juin 2017

langue : français

Format : PDF

Nombre de pages 130 p

ISBN 978-2-36393-000-2

Mots clés : démocratie, classe ouvrière, suffrage universel, éducation, culture, bourgeoisie

A Paraître vers 30 juin 2017

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